Le journal de l’entrepreneur No.5 Vie perso et création d’entreprise


Découvrez notre parcours d'entrepreneur. Comment la création d’une entreprise influence notre vie perso, la met parfois à rude épreuve.

Hello hello ! Merci à tous pour vos réactions sur cette série « Le Journal de l’entrepreneur » ! C’est un réel plaisir d’avoir vos retours, de partager avec vous cette aventure et de connaître les vôtres. Merci encore ! Aujourd’hui nous revenons avec un article axé autour de la vie perso… comment la création d’une entreprise influence notre vie privée, la met parfois à rude épreuve. On espère que ça vous plaira ! Les précédents articles de la série : les prémicesnotre parcours pour monter notre société d’un point de vu administratif et juridiquenos relations dans le travail, la période de stagnation… 

Découvrez notre parcours d'entrepreneur. Comment la création d’une entreprise influence notre vie perso, la met parfois à rude épreuve.

Concilier vie d’entrepreneur et vie perso est un challenge que beaucoup relèvent  avec brio mais qui n’est pas dénué d’obstacles. Si nous sommes toujours animés de cette belle passion, nous travaillons depuis bientôt deux ans à notre compte avec tout ce que cela inclus. La fatigue, les énormes concessions que nous faisons dans nos vies perso pour se consacrer à notre travail, les coups durs que nous ressentons de plus en plus comme des poignards en plein coeur, quelques déceptions aussi. Bref là encore rien de grave mais un quotidien qui comme dans toutes activités professionnelles peut être un peu pesant. Heureusement que ce sont des petites passades et que quelques averses présagent des cieux radieux ! Mais tout de même parlons-en ! Lorsqu’on se lance dans la belle aventure qu’est l’entrepreneuriat on imagine souvent, à raison, que les jours ne seront pas un long fleuve tranquille, que l’on va devoir travailler d’arrache- pied mais que, bien sûr tout ça finira bien par payer. Ces pensées sont justes, et heureusement que nous voyons les choses comme cela mais certaines difficultés sont bien plus lourdes que ce que l’on imagine.

Déjà il y a le soutien. Nous avons une chance extrême tous les trois car nos familles et nos amis comprennent nos choix et nous soutiennent dans cette folle aventure mais nous voyons autour de nous trop de personnes qui en plus des difficultés que tout le monde rencontre, n’ont aucun soutien de la part de leurs proches. Ils doivent se battre en permanence pour expliquer ce qu’ils font, répéter qu’ils travaillent vraiment (qui n’a jamais entendu cette phrase horripilante “ok d’accord tu fais ça, mais quand est-ce que tu te trouves un vrai travail ?” sous-entendu un travail classique type cdd ou cdi, avec paye à la fin du mois, rtt et autres primes), que ce n’est pas un passe-temps ou un caprice, mais bel et bien un choix qu’ils ont fait et qu’ils entendent bien le mener à bout. Et c’est épuisant, lassant, exténuant de devoir tout faire seul, d’être incompris. Heureusement qu’il y a ceux qui font la même chose, que le soutien, la compréhension et les discussions viennent d’ailleurs, mais ne pas avoir sa famille derrière soi c’est blessant. Et ça nous pouvons que le comprendre.

Quand on monte sa société nous donnons tellement de nous-mêmes, que notre vie perso peut en pâtir un peu. Socialement ce n’est pas évident de garder la cadence, de se dégager du temps pour voir ses amis et sa famille, de prendre des vacances…en bref de mener la même vie qu’avant. Créer entreprise c’est un peu comme être parent d’un enfant auquel on penserait sans arrêt. On saoûle d’ailleurs nos proches en racontant inlassablement les anecdotes du quotidien car elles occupent chaque petites cellules grises de notre cerveau ! Ce n’est pas simple  d’avoir autre chose en tête que les projets en court, les galères administratives et tout ce qui fait la vie de cette entreprise naissante. Sans oublier la fatigue parfaitement normale lorsqu’on enchaîne des semaines à 72h qui nous fait décliner de nombreux rendez-vous amicaux. Beaucoup diront qu’il faut se détendre et que ce n’est qu’un travail. Mais c’est là où monter sa société et commencer un nouveau job sont deux choses complètement différentes. Si on ne se donne pas à fond rien ne pourra jamais exister et tout peut se casser la figure ! Et ne nous voilons pas la face, il est plus difficile de se faire un resto avec ses potes ou de partir en vacances lorsque on ne gagne pas encore d’argent. Ce n’est jamais facile d’aborder les problèmes financiers mais lorsque la tirelire est vide, la vie sociale en pâtit.

L’argent, le nerf de la guerre comme on dit. Là c’est très complexe car cela englobe tes moyens de base, ceux que ta société peut te procurer, et les autres aides que tu peux peut-être avoir. Soyons honnête, au départ, et ce pendant deux/trois ans, aucun chef d’entreprise ne peut réellement se permettre de se verser un salaire. Chose encore plus compliquée quand vous êtes plusieurs. Et notre statut de SAS nous offre deux possibilités pour nous verser de l’argent. Soit devenir salarié de notre société (ce qui veut dire payer des charges sociales et patronales. Du style si tu veux verser 1000€ par personne, tu dois en débourser 2000€. Faîtes le calcul x 3, ça équivaut à sortir 6000€ de notre société chaque mois. Impossible pour le moment mais on ne baisse pas les bras) soit se verser des dividendes en fin d’année sur les bénéfices de ta société, qui était l’option idéale  jusqu’à ce que l’état taxe les dividendes autant que les salaires. Une grosse galère. Du coup au vu de ces deux possibilités tu fais sans. Bon, on le savait en se lançant que rien n’allait être simple et que tout ça prend du temps. C’est le lot de tout entrepreneur. Sauf que la vie étant faîtes d’aléas il y a des moments où ça devient vraiment galère et que ça ajoute un facteur stress à ton quotidien. Et même si aucun de nous ne regrette de s’être lancé dans l’aventure, il y a des moments quand la fatigue, l’impuissance et l’angoisse s’en mêlent, tout devient plus compliqué et tu aimerais simplement être de nouveau salarié. Et c’est le jeu (ma pauvre Lucette). Dans ces situations l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, n’est-ce pas ? ^^

Du coup nous pensons que pour être totalement transparent avec vous il faut que nous vous parlions de l’aspect administratif qui peut très vite devenir une vraie tannée. Personne n’aime réellement l’administratif,  mais il faut savoir que quand tu montes une société tu as toujours le nez dedans. Déjà parce que de passer d’un statut à un autre te fait changer de régime, du coup c’est des transferts sans fin de dossiers, des papiers à redonner sans cesse, bref la routine. Sauf que dans le tas, et certains se reconnaîtront, il y a les poisseux de l’administratif comme moi ! Montons un club pour se soutenir ^^ Ceux qui n’ont jamais leur dossier à jour car il y a toujours un papier qui manque, ceux à qui on ne prend plus la peine de répondre parce que leur dossier est encore égaré, etc, etc… bref en ce moment je vis des situations ubuesques avec la CAF. Pourtant à priori, j’ai tout à fait droit au RSA mais pour l’instant l’administration en a décidé autrement. Depuis octobre, la fin de mon chômage, j’essaye de toucher mes droits mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Finalement on ne rentre jamais dans la bonne case en tant que gérant d’entreprise qui ne se rémunère pas et personne n’a l’air de savoir si j’ai le droit d’avoir des indemnités. Du coup je passe mon temps à essayer de joindre des personnes de la CAF, tous mes interlocuteurs se contredisent. Et travaillant d’arrache pied pour notre entreprise, je ne peux pas tenir un siège devant la caf pour obtenir le petit pécule qui me permettrait à peine de tenir face aux factures courantes de la vie quotidienne. Ca me fatigue et m’épuise car j’ai l’impression de me battre dans le vide. Je pourrai aussi prendre un autre travail à mi-temps, mais les journées ne faisant que 24h – je n’ai pas encore trouvé la solution. BREF.

Petit interlude mise au point. Ma situation avec la CAF est réglée pour mon plus grand bonheur. Il m’aura fallu tenir 6mois en apnée pour y arriver mais c’est bon. Comme quoi tout vient à point à qui se bat comme un forcené et ne baisse pas les bras.

Nous avons fait le choix de créer notre boîte, nous y croyons, nous nous battons chaque jour pour la faire vivre, pour pouvoir un jour nous payer des salaires et même créer des emplois, c’est notre rêve à tous les trois. Mais en attendant, on se débat en plein séquence des 12 travaux d’Astérix. En ce moment je vois Axel et Deborah se battre pour tenter d’avoir un congé maternité, voir une place en crèche mais avec notre situation tout devient plus compliqué car l’administration ne comprend pas notre statut. On se prend de plein fouet une réalité, peu de choses sont faites pour aider les petits entrepreneurs, mais nous sommes de plus en plus nombreux à créer nos propres emplois , alors on espère que nous sommes la génération « test » et que dans le futur on nous prendra en considération. Car nous on y croit toujours, on sait que c’est possible .

Découvrez notre parcours d'entrepreneur. Comment la création d’une entreprise influence notre vie perso, la met parfois à rude épreuve.

Cet article n’est pas là pour vous déprimer, juste énoncer une vérité. C’est compliqué au quotidien de tout gérer de front mais finalement lorsqu’on arrive à trouver la force de se battre pour faire vivre une société, c’est que celle-ci en vaut la peine. Alors oui il faut être créatif, organisé, imaginatif et autres adjectifs mantra, mais il faut surtout avoir les reins solides ! Si vous vous lancez dans l’aventure sans coussin financier pour vous amortir, vous allez en prendre des coups et pas qu’un peu mais le jeu en vaut la chandelle. Aucun de nous trois ne regrette cette décision et même dans les heures les plus sombres des fins de mois à sec, on regarde le chemin parcouru et on est pas peu fier de l’avoir fait par nous mêmes.

Aloÿse

Commentaires

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3 commentaires sur “Le journal de l’entrepreneur No.5 Vie perso et création d’entreprise”

  1. Merci d’aborder ce sujet en toute franchise. On parle toujours de réussite, comme s’il s’agissait de claquer des doigts pour que tout arrive – mais cette idée préconçue renforce encore les stéréotypes. Alors oui, la liberté a un prix et ce qu’on nomme « talent » n’est souvent qu’une façon détournée de parler de travail. Mais la passion nous permet de tenir le coup même quand le quotidien n’est pas rose.

  2. Marie
    le

    Vous êtes courageux, vous assurez !! C’est vrai que les gens qui ont des projets aujourd’hui galèrent bien comme il faut… Je crois en vous !
    Pour l’administration : HAHAHAH j’ai vécu cela aussi. Harceler la CAF toutes les semaines …se battre pour se faire entendre et surtout se faire comprendre.
    L’année dernière quand j’étais encore en poste, j’ai voulu reprendre une formation mais ils ne comprenaient pas ma situation. Pour eux, je devais garder le même statut du début à la fin de ma formation. Or j’étais en cdd depuis presque 2 ans et je ne pouvais pas savoir si j’allais retrouver un emploi après mon cdd. J’ai dû laisser tomber … Une aberration.
    bisous

  3. Il y a beaucoup d’espérance dans ton billet et c’est ce qui le rend positif ! Il est vrai que ce n’est pas facile ( même après 8 ans, pour ma part ) mais ce parcours hors des sentiers battus apportent aussi son lot de jolies choses et de belles rencontres.

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